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Crédit ©FineBokeh / AdobeStock
La transition écologique, pour être effective, requiert des investissements massifs dans les infrastructures et les bâtiments publics. Ces investissements doivent répondre aux enjeux de décarbonation, d'adaptation au changement climatique et de préservation de la biodiversité. Compte tenu du contexte budgétaire, il est opportun de chercher à réduire les besoins de financement de ces dépenses, estimées à plusieurs dizaines de milliards d'euros supplémentaires par an, par les fonds publics, en mobilisant autant que possible les capitaux privés, dans une logique partenariale.
Les investissements dans les infrastructures ne sont aujourd’hui pas à la hauteur des besoins pour assurer la transition écologique. Loin de là. Les principaux besoins en investissement concernent :
Au total, les investissements à réaliser seraient de l’ordre de 30 Mds€ supplémentaires par an d’ici à 2030, hors adaptation.
Pour faire face à ce mur d’investissement, nous plaidons pour un financement qui s’appuie sur un mix public-privé. Il s’agit, pour la puissance publique, d’une part, de mobiliser le financement privé autant que possible et dans le respect de l’intérêt général, afin de réduire les besoins de financement public, et, d’autre part, de trouver de nouvelles sources de financement pour répondre aux besoins de financement public – qui resteront, dans tous les cas, très élevés.
L’exploitation du potentiel du financement privé des infrastructures passe par trois grands leviers :
Pour répondre aux besoins de financement des infrastructures et bâtiments publics qui resteront publics, en centrant la réflexion sur le périmètre des infrastructures, cinq axes peuvent être mis en avant : l’augmentation du recours aux financements européens, la réforme de la fiscalité énergétique, la mise à contribution des énergéticiens via les certificats d’économie d’énergie, la captation de la valeur créée par les nouvelles infrastructures et la meilleure valorisation du patrimoine public foncier et financier.
Il est nécessaire de tenir compte des critiques dont fait parfois l’objet la gestion déléguée pour assurer les conditions de réussite de l’investissement privé dans les infrastructures et bâtiments publics.
A cette fin, il convient de :
La transition écologique ne se fera pas sans une transformation des infrastructures. Cette transformation requiert des investissements massifs à engager dans un délai très court.
Pour financer cette transformation, une approche partenariale entre le secteur public et le secteur privé est indispensable. Il s’agit, pour l’Etat et les collectivités publiques, de chercher à mobiliser les financements privés pour réduire les besoins de financements publics. Cette mobilisation doit, naturellement, se faire dans un sens conforme à l’intérêt général, et tenant compte des impératifs de la transition écologique.
Les outils existent mais doivent être améliorés et modernisés. Alors que l’urgence écologique est chaque jour plus pressante, il est plus que temps de mobiliser les financements disponibles au niveau européen, national ou local, dans le cadre d’une stratégie globale et de long terme, déclinée et adaptée à chaque projet.
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Cet article est issu du rapport sur la transition écologique et le financement des infrastructures rédigé pour Terra Nova par le groupe de travail suivant :
La Caisse des Dépôts soutient, via l’Institut pour la recherche, les travaux de Terra Nova, think tank progressiste indépendant qui produit et diffuse des solutions politiques innovantes en France et en Europe.